Mon
nom est Hébé, je suis parisienne et contente de vous voir sur mon blog
! Ici, je parle de milliers de sujets qui m'intéressent. Vous trouverez
une petite étude des Ménines, le tableau de Diego Velasquez, une biographie de Marie-Adélaïde de Savoie sur laquelle je retravaille en ce moment, une rubrique cinéma, des critiques de livres...
Ci-contre, vous pouvez voir le tableau que j'ai adopté comme avatar sur
Internet : cette toute jeune femme est Charlotte-Louise de
Rohan-Guéménée, princesse de Masseran et marquise de Crevecoeur,
représentée en Hébé, par Jean-Marc Nattier
(1685-1766) alors qu'elle était âgée d'une quinzaine d'années. Hébé est
une déesse gréco-romaine qui fut l'épouse d'Hercule. Les portraits sous
des traits mythologiques étaient très à la mode de 1700 à 1765 environ.
Nattier est l'un des plus grands représentants de ce style, mais on
peut aussi citer Nicolas de Largillière (1656-1746) et Pierre Gobert
(1662-1744). Mes périodes historiques et artistiques préférées sont le
XVIIe et le XVIIIe siècles ; j'apprécie particulièrement la peinture et
l'art du portrait. Mon blog me sert entre autres à exposer mes petites
découvertes dans ce domaine, et, plus largement, dans celui de la
culture. Voilà, vous savez tout !
Le ballet de la Reine, 1621 : le récit du Dieu des Songes.
Quelle merveilleuse advanture ? Les songes de la nuit Fuyoient la lumière et le bruit, Et contre l'ordre de nature, Au lieu du Palais du sommeil, Ils trouvent celuy du soleil.
Portés sur l'aisle du silence Ils venaient troubler les espris A qui de jour Mars ou Cypris Font ressentir leur violence Et voulaient même, ô grand Roy Dans ton Louvre semer l'effroy.
Ballet d'Apollon, 1621 : le récit de Mnémosyne.
Quelles beautés ô mortels, Méritent mieux des Autels, Que celle que nous voyons ? Ces charmes sont tels, Qu'il faut que le Soleil cache ses rayons.
Son beau nom qui vient d'aymer Ne vous doit point enflammer D'un feu qui fait soupirer. Pourriez-vous charmer Le cœur d'une beauté qu'il faut adorer ?
Né en 1587 à Blois, Anthoine Boesset fut l'une des grandes figures de la musique baroque française du début du XVIIe siècle. Sa production profane fut marquée par son utilisation raffinée de la polyphonie, généralement accompagnée d'un luth. Elle correspond en effet au moment où l'air de cour négligea l'inspiration populaire et paillarde pour se tourner vers des thèmes et des effets musicaux considérés comme plus nobles.
Cumulant deux charges officielles à la cour, Boesset fut amené à composer pour tous les événements qui rythmaient la journée de Louis XIII et à écrire la musique des ballets royaux. Les deux extraits que je vous propose d'écouter sont issus de ce dernier genre : Boesset composa le premier de ces récits sur des vers de René Bordier, au début du carnaval de 1621, pour un ballet dansé par la reine Anne d'Autriche et glorifiant le soleil. Le second, intitulé Ballet d'Apollon, avait été représenté quelques jours plus tôt. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas le roi Louis XIII qui y dansait le rôle-titre, mais son favori d'alors, le duc de Luynes.
Comme toujours, les disques de Vincent Dumestre, dont la qualité musicale ne peut être prise en défaut, me placent face à un dilemme. Je n'arrive pas à apprécier la prononciation reconstituée (par ailleurs assez légère ici) qu'utilisent les chanteurs. Il me paraît absolument impossible de connaître avec certitude la manière dont ceux qui nous ont précédé articulaient les sons : nous ne pouvons donc pas arriver à un résultat qui soit certain et fiable. Les alexandrins de Racine ou Corneille deviennent bancals si l'on prononce avec soin les syllabes « muettes » des mots ; comment imaginer des tragédies faites de vers de treize ou quatorze pieds ? Faute de mieux, la prononciation moderne m'a toujours semblé être la meilleure des solutions. Elle a le mérite d'empêcher les opéras baroques de tomber mal à propos dans le burlesque, alors que même le superbe Cadmus et Hermione de Lully monté à l'Opéra comique l'année denier n'échappait hélas pas toujours à cet écueil.
Cependant, j'ai toujours considéré qu'il était aberrant de jouer de la musique ancienne sur des instruments modernes (bien que je le fasse allègrement, pour moi-même, avec ma bonne vieille flûte de Boehm) et j'ai un faible pour les mises en scène de Benjamin Lazare, qui ont pour projet de s'approcher le plus possible de celles de l'époque baroque. En étant parfaitement cohérente et rigoureuse, je devrais donc appuyer des démarches comme celles de Vincent Dumestre. Le jeu sur instruments anciens parut également, à ses débuts, étrange et incongru à ses premiers auditeurs. La suite a montré que tout n'était qu'une question d'éducation de l'oreille.
La prononciation restituée demeure pour moi un cas de conscience.
Je vous laisse donc le soin de vous faire une opinion en écoutant ces deux extraits.
Je meurs sans mourir, œuvres profanes d'Anthoine Boesset (ou de Boesset ; 1587 - 1623)
Vincent Dumestre et le Poème Harmonique.
Les voix : Claire Lefilliâtre, dessus Bruno Le Levreur, haute-contre Jean-François Novelli, taille Arnaud Marzorati, basse-contre.
Label Alpha, collection Ut pictura musica.
(publication le 13 avril 2009)
Par Hébé, Jeudi 17 Juillet 2008 à 11:25 GMT+2 dans Accueil