Description générale de l'hôtel Lambert

Détail de la galerie d'Hercule à l'hotel Lambert.
Les façades principales de nombreux hôtels particuliers de l’île Saint-Louis se trouvent aujourd’hui sur les quais, les rues intérieures étant réservées à de petites maisons. En effet, au XVIIe siècle, les architectes choisissaient volontiers d’installer le corps principal des bâtiments le long de la Seine, afin que leurs clients bénéficient d’une vue agréable sur le fleuve. Cours et jardins étaient relégués à « l’intérieur des terres ». L’hôtel Lambert se distingue de ce modèle. Occupant une superficie importante, la seconde de l’île jusqu’au XIXe siècle, il possède son entrée principale rue Saint-Louis-en-l’île. Une façade et un jardin surplombent le quai d’Anjou. Si la forme de la parcelle de Jean-Baptiste Lambert est similaire à celle de son voisin, Claude Le Ragois de Bretonvilliers, les deux architectes, Louis Le Vau et Jean Androuet du Cerceau, ne les ont pas exploitées de la même façon. Androuet du Cerceau a aligné, comme cela se faisait à l’époque, le portail d’entrée de l’hôtel, son vestibule et son corps de logis. Pour cela, il a placé l’entrée principale de la maison dans une rue latérale, les jardins, particulièrement étendus, ouvrant sur la pointe orientale de l’île. La parcelle Lambert, elle, ne possédait pas de commode petite rue perpendiculaire par laquelle les occupants du bâtiment auraient pu entrer et sortir. Voilà pourquoi Le Vau décida de ne pas aligner l’entrée de l’hôtel sur ses jardins, et donc d’orienter la cour d’honneur vers la rue Saint-Louis-en-l’Ile, donnant ainsi à la maison deux axes perpendiculaires.
Deux schémas pour mieux comprendre l'organisation des hôtels de Bretonvilliers (à gauche) et Lambert (à droite)
Au premier étage du grand l’escalier, le vestibule ovale desservant les appartements d’apparat est décoré depuis le XVIIe siècle de matrones romaines en camaïeu. Il ouvre d’un côté sur ce qui était au temps de Jean-Baptiste Lambert une galerie basse, devenue rapidement après lui une antichambre et une bibliothèque (d’après un de mes plans, cette galerie aurait été reformée pour devenir une salle à manger) et de l’autre sur une grande salle possédant cinq fenêtres directement sur le jardin. Cette dernière pièce a été divisée entre 1708 et 1752 pour former une antichambre et une salle d’assemblée. Tout au bout de cette aile se situait le cabinet de l’Amour, aujourd’hui largement démembré, qui ouvrait sur le jardin et possédait une façade aveugle sur la rue Saint-Louis-en-l’Ile. A ses côtés se trouvaient une chambre et son alcôve, ainsi qu’un minuscule cabinet. Un étage au-dessus, la distribution de la seconde partie des appartements d’apparat était voisine à celle de la première. Un vestibule, peint en grisaille (par Le Sueur ?) conduisait à la galerie d’Hercule, au plafond peint par Le Brun. Comme à l’étage inférieur, deux pièces, au XVIIIe siècle une antichambre et une chambre, précédaient la chambre des Muses, décorée entre autres par Le Sueur et aujourd’hui également dispersée.
Quelques plans de l'hôtel Lambert


Par Hébé, Dimanche 26 Aout 2007 à 20:42 GMT+2 dans L'hôtel Lambert (article, RSS)






































